Interview : le tête-à-tête avec Keys Zuna.

Découvert récemment grâce à leur single « Kizuna » publié il y a un peu plus d’un mois, le groupe Keys Zuna nous emmène au cœur d’un univers très soul/jazzy joliment teinté de groove « qui oscille entre un passé révolu et un futur inattendu ».
Un agréable voyage avec le groupe, originaire de Paris, et ses membres qui le compose.

  • Pouvez-vous nous faire une rapide présentation des membres du groupe ?

Keys Zuna est composé de quatre musiciens âgé de 24, 25 ans : Hugo Besikian au beatmaking, Kiala Ogawa au chant et clavier, Ferdinand Cros à la guitare et Jimmy Top à la basse.

1601366_1550206315193542_4582094811643216782_n

  • Comment vous-êtes vous rencontrés ?

Kiala : J’ai rencontré Hugo il y a 6 ans, grâce à mon père qui connaissait la mère d’un ami à lui. On a commencé à faire un peu de musique ensemble, puis j’ai rencontré Ferdinand qui est un ami d’enfance d’Hugo. Nous avons ensuite rencontré Jimmy au moment de la formation de Keys Zuna, il y a un peu moins d’un an.

  • Pouvez-vous résumer votre parcours artistique jusqu’à aujourd’hui ? Depuis quand faites-vous de la musique ?

Kiala : J’ai commencé le chant il y a 6 ans, un peu par hasard dans un groupe de reprises funk/rock. J’ai pris par la suite des cours de chant puis commencé les cours de piano il y a 2 ans maintenant.

Ferdinand : J’ai commencé la guitare il y a 15 ans mais pendant très longtemps, j’en faisais sans grandes convictions. Après le BAC, j’ai intégré une école de musique (IMEP). J’ai arrêté mon cursus après 4 ans d’études. Depuis mon adolescence, j’ai eu alors différents groupes de différents styles : funk, rock, jazz fusion… dont un notamment avec Kiala (Reach up)

Hugo : Moi je viens du Hip-Hop, j’avais d’ailleurs un groupe de rap quand Kiala nous a rejoins mais ce n’était pas encore la formule qu’il nous fallait.

  • Quand avez-vous décidez de fonder Keys Zuna ?

Kiala : Keys Zuna a été fondé officiellement il y a moins d’un an. En réalité, on avait commencé à créer les morceaux un peu avant, sans vraiment savoir ce qu’on allait faire avec. Et au fur et à mesure des morceaux, on s’est rendu compte que ce serait bien de fonder un groupe ensemble!

Hugo : C’est surtout après une session d’enregistrement à Nantes (où je vivais à l’époque), il y a environ 1 an, que c’est devenu une évidence.

1658454_1461546284059546_155779676_o

  • D’où vous viens cette passion (pour la musique) ?

Kiala : J’ai toujours aimé écouter de la musique, quand j’étais petite, au collège, j’aimais rester toute une après-midi chez des disquaires à écouter plein d’albums. Après, comme je l’ai dit précédemment,  j’ai commencé la musique vraiment par hasard. Si on ne m’avait jamais proposé de chanter dans un groupe,  je n’aurais peut être jamais eu cette passion pour le chant ou la composition.

Ferdinand : Au lycée, avec des amis, nous louions un studio de musique. Nous y allions plusieurs fois par semaine. C’était en quelque sorte notre QG! C’est dans ce lieu que j’ai découvert les bienfaits de la musique : le partage, l’écoute, prendre son pieds! haha!

  • Parmi vos influences, j’ai remarqué qu’il y avait Prince (étant moi-même une très grande admiratrice) Avez-vous eu l’occasion d’écouter l’album Back In Time de sa nouvelle protégée Judith Hill (produit par Prince)
    Qu’en pensez-vous ? 

Kiala : Prince ça reste une icône de la Funk, c’est clair qu’il m’a inspiré, surtout dans ses mises en place de folie! J’admire son talent, mais je ne suis pas une si grande fan au final.

Hugo : Merci pour la découverte! 🙂

  • Que préférez-vous : le studio ou la scène ?

Kiala : Pour moi, clairement, c’est la scène! J’adore le partage avec le public et avec les musiciens, ce n’est pas pareil que le studio, il y a ce petit truc en plus.

Ferdinand : La scène à 100/100!

Hugo : Pour ma part c’est le studio, là où tout se créé, où on peut expérimenter. Même si la scène donne pas mal de frissons!

  •  Comment composez-vous vos textes ?

Hugo : On part souvent d’une idée harmonique de Kiala pour ensuite construire autour. Ca peut aussi partir d’une loop que j’ai faite à base de sampling, pour ensuite jouer par dessus.

  • Quels sont les thèmes récurrents de vos compositions ?

Kiala : En général c’est moi qui écrit. Mes textes sont la plupart du temps inspirés par les différentes expériences de ma vie. Je n’ai pas vraiment de thème principal, j’écris ce qu’il me passe par la tête. Je n’ai jamais eu envie d’écrire pour passer un message ou  imposer des idéaux mais plutôt pour partager ma pensée et mes croyances. Je vois la musique comme une discussion, un échange avec des gens.

  • Les titres « How You Feel »  et  « Kizuna » sont chantés en anglais. En sera-t-il de même pour l’intégralité des titres de votre EP ? Si oui, pourquoi ce choix ?

Kiala : De manière générale, j’écris anglais. Mais notre dernier single, « Kizuna » est écrit en anglais et en japonais!

Kizuna

  •  Avec quel(le)s artiste(s) souhaiteriez-vous travailler ?

Kiala : Roy Ayers !! Je rêverai !! Et s’il était encore vivant George Duke! Et Bjork, Flying Lotus, Thundercat…! Et… J’en ai plein d’autres !

Hugo : Récemment j’ai lu que Philipe Katerine aimerait travailler avec plus de producteurs Hip-Hop. Et vue sont dernière album produit par Sebastian, ça me dirait bien! Sinon Quincy Jones s’il faut être ambitieux!

  •  Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans votre pratique de la musique ?

Kiala : C’est de jouer avec des musiciens, ces expériences me font grandir et m’enrichissent.

Hugo : Voir les tête se secouer !

  •  Et, au contraire, le plus difficile ou décevant ?

Kiala : Le plus difficile pour moi c’est le coté business… Je trouve que les musiciens, surtout à Paris, ne sont pas vraiment bien traités. Souvent, on nous demande de jouer dans des lieux et en même temps de faire la communication, de ramener du monde et d’être parfait musicalement pour au final toucher un petit cachet qui ne rembourse même pas nos répétitions ou bien nous nourrissent à peine. Je trouve ça dommage…

Ferdinand : Personnellement, la concurrence en musique m’énerve beaucoup aussi. Certains musiciens ont pour but d’être les meilleurs… Ils se mettent alors trop en avant, au détriment de l’ensemble du groupe. La retenue, le silence, et l’écoute sont des qualités au même titre que la technique et le feeling.

  • Que pensez-vous de l’industrie du disque aujourd’hui ?

Hugo : Le disque c’est juste un objet, la musique existait avant et elle lui survivra. Je pense qu’on est dans une phase de transition qui au final redonnera de l’importance au live si le support physique n’y survie pas.

Kiala : Je vous avoue que je ne comprend plus trop le système, mais ça ne m’a jamais empêché de faire de la musique, du coup je ne me suis jamais vraiment posé la question!

Ferdinand : Ce système m’échappe aussi. Ce que je peux dire c’est qu’avant c’était simple : si les gens voulaient écouter de la musique, ils engageaient des musiciens. Maintenant la musique comprends d’autre facteurs : la communication, l’image que tu donnes de toi. Je trouve ça dommage…

  • Quel est votre rêve d’artiste ?

Kiala : J’aimerai bien voyager grâce à ma musique et découvrir des cultures différentes, et pourquoi pas composer avec les gens de là bas!

Ferdinand : J’approuve !

Hugo : Ce serait de créer une œuvre totale comme une symphonie ou un film qui ne serait pas QUE de la musique.

  • Si vous deviez définir l’univers de Keys Zuna en 3 mots ?

Kiala : Voyage, lien, musique.

Hugo : Je suis ok!

Ferdinand : J’ai envie d’ajouter : mixité!

  • Comment s’annonce pour vous l’année 2015 ? Des concerts, une sortie d’EP prochainement… ?

Kiala : On est en pleine préparation d’un petit projet qui devrait voir le jour pour le début de l’été (vers mi-juin)! On prépare aussi quelques concerts, dont 2 au mois de mai. Le premier c’était le 15 mai au Gibus Café dans le cadre d’une soirée organisée par Soulville. Le deuxième, c’est ce samedi, le 23 mai au théâtre de Ménilmontant dans une soirée organisée par le collectif Cacofonix. Le gros temps fort au niveau des concerts, ce sera une date parisienne pour présenter sur scène les morceaux sortis au mois de juin… On en dit pas plus pour l’instant! Ensuite, on a d’autres concerts prévus cet été, notamment dans le sud de la France, vers Toulouse. N’hésitez pas à regarder notre page Facebook ou Tumblr pour vous tenir informés!

BONUS : le fameux « Si… »

  • Si je vous dis « premiers émois musicaux » vous me dites… ?

Kiala : Lorsque j’ai chanté la première fois devant mon père…

Ferdinand : A l’époque du lycée, dans le fameux studio dont je parlais : on joue tous à fond sur deux accords, j’ai eu alors un fou rire de bonheur!

Hugo : Un jour en regardant dans les CD de mes parents, je suis tombé sur un disque de Louis Armstrong. Dès les premières notes de Hello Dolly, ma vie a changé!

  • Si il y a bien un album dont vous ne pouvez pas vous passer c’est bien… ?

Kiala : L’album de Hiatus Kaiyote  « Tawk Tomahawk ».

Ferdinand : Uberjam 2, de John Scofield.

Hugo : Notorious Big – Ready to die (pour n’en citer qu’un).

11178277_971522439549376_3244285209074988761_n

  • Un grand merci et en vous souhaitant pleins de bonnes choses pour la suite.

Merci pour l’invitation, et merci d’avoir pris le temps de nous découvrir ! 🙂

S.A
Musicalement vôtre

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.